Pour garantir une eau potable

Entre l’utilisation excessive d’antibiotiques dans l’élevage, qui contribue au développement de bactéries résistantes aux antibiotiques, et l’épandage de substances chimiques dans les cultures, nos sols, notre eau potable et donc notre santé sont de plus en plus menacés.


La Suisse dispose d’une quantité d’eau considérable, mais la crise climatique que nous vivons aura une incidence sur cette ressource. Une augmentation des pénuries d’eau en été est notamment à prévoir. Il devient primordial de préserver la qualité d’une eau potable qui se fera plus rare.


L’agriculture est de plus en plus intensive et a recours à des substances chimiques. Les eaux subissent de nombreuses attaques qui affectent leur qualité : un million de Suissesses et de Suisses boivent de l’eau contaminée. Une contamination prouvée malgré le cadre réglementaire existant de protection des eaux. On ne peut plus continuer ainsi !


Sans remettre en cause la nécessité de subventionner le secteur agricole, l’initiative « Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l’utilisation de pesticides et l’utilisation d’antibiotiques à titre prophylactique » exige des critères de durabilité pour l’octroi des paiements directs. Actuellement, ceux-ci s’élèvent à plusieurs milliards de francs. L’initiative demande de réserver les subventions aux exploitations agricoles qui n’utilisent ni pesticides ni antibiotiques prophylactiques et qui nourrissent leur bétail avec du fourrage produit sur place. Le message est clair : seule une agriculture durable sera soutenue.


Par la présence de pesticides de synthèse [1] , notre santé est quotidiennement menacée. Cancers, changements hormonaux, impacts sur le système neurologique ou augmentation de l’infertilité, la liste des impacts est longue. Interdire l’utilisation de ces substances devient vital. Mais en s’attaquant aux pesticides de synthèse, l’initiative « Pour une eau potable propre » s’attaque aussi à l’industrie chimique. David contre Goliath, en quelque sorte.


Pourquoi viser aussi les antibiotiques ? Tout simplement parce qu’une utilisation excessive contribue au développement de bactéries résistantes aux antibiotiques, qui se retrouvent dans nos aliments comme dans l’eau potable après avoir passé par le lisier et le sol. Selon la Commission fédérale d’experts pour la sécurité biologique, de telles bactéries représentent « une des plus grandes menaces pour la santé publique en Suisse ». Un argument de poids pour agir rapidement.


Enfin, à la question « l’initiative est-elle néfaste pour notre économie ? », la réponse est très simple : non ! L’agriculture aura huit ans pour se reconvertir, les subventions non allouées permettront d’y parvenir. Les nouvelles pratiques auront peu d’incidence sur les rendements, mais devront être soutenues par la recherche, la formation et l’aide à l’investissement. À noter que les initiatives antipesticides sont saluées par les experts de l’ONU pas que pour des raisons sanitaires, mais bien parce qu’elles permettront d’investir dans une agriculture écologique La Suisse serait pionnière.


Le 13 juin, osons dire 2 x oui pour une alimentation saine et durable en préservant le sol et l’eau !



Article Le Point


[1] Des substances qui ne se trouvent pas dans notre environnement de manière naturelle.