Budget 2022 - Intervention GC

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Un climat d’incertitude règne sur notre canton, notre pays, notre société. Ce n’est pas à notre hémicycle que je vais l’apprendre. Notre hémicycle qui comme tous les Parlements doit faire face depuis plusieurs mois à des situations extraordinaires, des situations exceptionnelles ou encore des situations instables mais surtout à une situation sanitaire critique qui semble s’ancrer dans notre quotidien de personnes, de parents, de proches aidants, de travailleuses ou travailleurs, d’indépendante ou d’indépendants ou encore de de politiciennes ou de politiciens. Une situation dont nous n’avons d’autre choix que de faire avec.

Même si les travaux budgétaires ont débuté dans une ambiance quelque peu détendue – la cinquième vague n’étant pas encore amorcée – le budget qui nous est proposé aujourd’hui ne fait pas l’impasse sur les incertitudes qui planent en raison de la pandémie.

Deuxième exercice que nous effectuons dans une telle atmosphère.

Toutefois, malgré cette atmosphère, nous pouvons faire le constat que la mise en œuvre des mécanismes financiers contracycliques et des revenus extraordinaires tels que ceux issus de la RPT nous permettent d’aborder l’avenir un peu plus sereinement.


Une sérénité qui nous le savons ne pourra pas durer indéfiniment. Car ces outils financiers ne pourront pas être activés indéfiniment, et l’ampleur de la tâche de ces prochaines années s’annonce importante.

Le groupe socialiste en est totalement convaincu: nous ne sommes pas égaux face à la crise que nous traversons. Elle impacte plus fortement les plus démunis de notre canton ou précarise des travailleurs de certains secteurs comme celui de la culture ou de l’économie de plateforme.


Il s’agira pour nous de rester attentives et attentifs que les décisions prises à futur tiennent comptent de cet état de fait et permettent de corriger ces inégalités.

Ainsi, nous pouvons déjà annoncer que nous nous battrons contre toute velléité de politique d’austérité qui pourrait résulter de ces mois de pandémie. L’État doit pleinement jouer son rôle social, durant la crise mais également à la sortie de celle-ci, car il est bien entendu connu que la résilience de notre société n’est pas toujours corrélée à celle de l’économie. Une grande partie de la population s’est appauvri et nous devons nous en préoccuper.

Le budget qui nous est proposé aujourd’hui est, ne nous le cachons pas, le résultat d’un compromis. Un compromis de la part des services de l’État qui doivent faire front à cette situation et dont, dans certains cas, le personnel montre d’inquiétants signes de fatigue ou de lassitude.


Des signes qui ne doivent pas nous laisser indifférents. Un compromis de la part du Conseil d’Etat car il aurait été malvenu que ce budget soit le reflet d’une droite nouvellement majoritaire qui tenterait d’imposer son idéologie alors que la société est en crise. Finalement, un compromis des groupes politiques, qui sont bien conscients qu’il n’y a pas une grande marge de manœuvre dans ces circonstances, qui tiennent autant aux mécanismes financiers qui règlent nos débats, qu’à la situation que nous traversons.

Un budget donc, qui, fort heureusement, ne force pas des mesures d’économies, mais qui permet d’investir dans certains domaines. Toutefois, nous devons nous rappeler aujourd’hui que d’importants sacrifices ont déjà été faits ces dernières années, même si ceux-ci n’apparaissent plus en tant que tels dans l’analyse budgétaire qui nous est soumise.

Ainsi, si l’investissement dans le domaine social - dans de réels projets de développement social - manque encore cruellement dans notre canton, nous savons que le fait d’investir induit en soi une certaine tendance positive pour notre canton.

A l’avenir, il sera nécessaire de s’assurer que ces investissements s’inscrivent réellement dans une politique de durabilité, qui permette de faire face aux enjeux d’avenir tels que la question climatique.


La pandémie ne doit en effet pas nous faire oublier que le climat est le défi principal de ces prochaines années : il nécessite des investissements qui ne doivent pas seulement se faire dans les infrastructures, mais avant tout viser un renforcement du service public. Il en va de même des investissements nécessaires dans le domaine de la formation, pour encourager la reconversion écosociale de l’économie.


Ces investissements doivent aussi permettre de réduire les inégalités sociales. Dans ce sens, nous ne pouvons que nous réjouir de l’élargissement des subsides LAMAL, qui s’adaptent pour les personnes en reconversion.

Le plan climat sera l’occasion de débuter cette discussion de fond, mais elle ne permettra toutefois pas d’y répondre complétement. A moins que le Conseil d’État revoie totalement sa copie.

Comme vous l’aurez remarqué, un amendement est issu des rangs socialistes. Et oui, une fois encore le groupe socialiste tente d’intervenir dans le domaine de la culture. Car comme je le disais au début de mon intervention, le secteur de la culture fait partie des secteurs durement touchés par les conséquences des décisions prises par les autorités pour faire face à la pandémie.


Déjà souvent précaire, le secteur culturel se paupérise à vue d’œil et nous devons agir à tous les niveaux possibles pour limiter autant que faire se peut les conséquences négatives des mesures prises. Je reviendrai plus tard en détail sur les éléments qui ont poussé notre groupe à déposer cet amendement.

Nous reviendrons également sur les autres amendements ultérieurement.

Nous profiterons enfin du débat budgétaire pour poser plusieurs questions en lien avec l’économie de plateforme. Notre canton est le lieu d’une grève des livreuses et des livreurs de Smood. Des employés dont les conditions de travail sont – osons le mot -misérables. Un modèle économique, qui comme l’évoquait le Conseil fédéral dans son rapport Flexi-Test, accélère la précarisation. Un modèle économique qui tend à se développer dans notre canton, et au sujet duquel nous estimons que le Conseil d’Etat doit être proactif, afin que ces personnes ne soient pas les nouveaux travailleurs pauvres du système. Là aussi, nous reviendrons avec des questions lors de la discussion concernant les Départements.

En conclusion, le groupe socialiste, vous l’aurez compris, soutiendra le budget dans la version amendée par la commission et profite de l’occasion pour remercier l’ensemble de la fonction publique pour le travail effectué durant cette période compliquée.


Je vous remercie