Cautionnement HNe - Intervention GC

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

L’annonce de la suspension des travaux sur le site chaux-de-fonnier de l’Hôpital neuchâtelois a retenti comme un coup de tonnerre au sein du groupe socialiste. Une détonation encore amplifiée par le fait que le Conseil d’Etat a confirmé que cette suspension remettait en question la mise en oeuvre de plusieurs options stratégiques du plan hospitalier.

Une fois le choc de l’annonce passé, les députés socialistes ont partagé leurs analyses personnelles, analyses parfois divergentes mais condamnant unanimement les éléments qui ont conduit à la remise en question d’une décision démocratique.

Bien qu’excédés par les incessants rebondissements liés au dossier hospitalier, certains membres socialistes ont toutefois relevé que ces annonces, aussi décourageantes soient-elles, démontrent que quelqu’un est désormais aux commandes de cet épineux dossier et que des décisions sont prises, alors que les conséquences politiques ne sont pas des plus simples à assumer.

Ce constat n’empêche en rien ces députés d’entendre que d’autres, parmi les députés socialistes, se sont sentis trahis par le Conseil d’Etat. Comment le Conseil d’Etat qui s’était engagé pour l’acceptation des options du plan stratégique devant la population peut ne pas soutenir ces légitimes travaux ? Déjà bien ancré chez plusieurs députés qui s’engagent pour la rénovation de l’hôpital de la Chaux-de-Fonds depuis 10 ans, voire plus, ce sentiment de trahison ne pouvait être que renforcé. Un pas en avant, deux pas en arrière, voilà comment est perçu le dossier hospitalier. Difficile, au vu des informations à dispositions des élus et de la population, d’y voir autre chose. Alors que l’acceptation du plan stratégique avait apaisé ce sentiment de trahison, les annonces successives du Conseil d’Etat l’ont fait remonter en flèche.

Tant parmi les premiers députés cités que parmi les seconds, plusieurs députés socialistes sont en colère. En colère, car si ce plan stratégique est remis en cause par le Conseil d’Etat aujourd’hui, il restait cohérent à l’époque où il était discuté, débattu et voté par le Grand Conseil. Le groupe socialiste était bien conscient que le plan proposé n’était pas parfait, mais il était aussi conscient qu’il était le plus adapté à la phase de transition. Phase de transition qui devait permettre que la réflexion puisse être menée sur la réalisation d’un site unique ou de toute autre solution sûre et durable pour la prise en charge sanitaire des Neuchâteloises et Neuchâtelois.

Ainsi, le groupe socialiste est majoritairement convaincu que si le plan voté par cet hémicycle n’est plus applicable, cela n’est pas simplement dû au hasard mais bien à plusieurs facteurs plus ou moins contrôlables.

A commencer par le contexte fédéral qui n’a pas aidé. Entre une révision de la Lamal, qui engage les établissements cantonaux dans un système de concurrence, et des assureurs, armés et soutenus par la majorité bourgeoise du parlement fédéral, qui dictent leur loi dans les établissements hospitaliers, nous ne pouvons que constater que ce ne sont ni le Conseil d’Etat, ni le Parti socialiste qui sont à la base de ce système et de ces errances. Nous socialistes, nous sommes toujours opposés au niveau fédéral à une pure et simple marchandisation du patient et de la santé. Le patient doit revenir au centre des priorités, au cœur du système de santé.

Ensuite, du cadre fédéral découle aussi la pénurie de médecins. Une pénurie généralisée qui ne concerne pas que notre canton et qui ne contribue pas à l’engagement de médecins à HNe. D’autant plus dans le climat actuel. Mais ce manque d’attractivité ne découle-t-il pas également de problèmes internes à l’institution? Ces derniers jours, beaucoup ont pointé du doigt le Conseil d’administration d’HNe. Son rôle pourra et sera discuté lors de la discussion sur les travaux de la commission santé dans les prochains mois.

Mais ce qui précède étant dit, les origines mais aussi la persistance d’un contexte défavorable à tous progrès dans ce dossier n’est-elle pas à chercher ailleurs ? En commmençant par s’interroger sur une direction qui, depuis le début, met les deux pieds et tout ce qu’elle peut d’autre contre le mur pour ne pas appliquer les options stratégiques ? Comment avoir encore confiance en une direction qui après les épisodes que l’on a connu établit un budget déficitaire de plus de 15 mio pour un établissement de cette taille ? Etablissement dont la capacité d’investissement est, par ailleurs, proche de zéro.

A l’instar de la population, le groupe socialiste ne peut être que préoccupé par la situation financière dHNe. Le rapport qui nous est soumis aujourd’hui reflète bien cette situation. De plus