Pour une meilleure accessibilité des produits hygiéniques menstruels - Intervention GC


Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs


Le 1er septembre 2021, notre Parlement acceptait sans opposition le postulat interparti 21.147. Ce postulat demandait d’étudier l’opportunité de mettre à disposition des protections hygiéniques (tampons et serviettes) en libre accès dans les écoles tout comme d’étudier l’opportunité de proposer gratuitement aux élèves des protections hygiéniques réutilisables, ainsi qu’une sensibilisation à l’utilisation desdits produits.


La motion populaire qui nous est proposée aujourd’hui va plus loin que le postulat mentionné. Alors que ce dernier mettait l’accent sur la gêne de ne pas avoir accès à ces produits, la motion populaire met davantage l’accent sur la précarité menstruelle.


Même si les statistiques manquent encore, nombreuses femmes vivent cette précarité dans notre pays. Dans le canton de Vaud, la Conseillère d’État en charge de la formation, estime que ce sont 6 à 10% des étudiantes qui sont concernées. Une précarité souvent invisible qui n’épargne sûrement par le canton de Neuchâtel. En effet, en Suisse selon Caritas, sur quelque 616'000 personnes pauvres, 350'000 sont des femmes. Quelque 500 femmes sont sans domicile fixe en Suisse romande.


La situation économique de ces femmes est la raison principale de cette précarité, mais il est toutefois important de mentionner que les produits hygiéniques en lien avec les menstrualités sont encore considérés comme des produits de luxe. Ils sont taxés au niveau de la TVA à hauteur de 7,7%. Un projet est en cours de discussion aux Chambres fédérales pour réduire ce taux, mais cela prend du temps et des oppositions sont encore existantes.


Nous nous étonnons de la position du Conseil d’État de refuser cette motion populaire. Une étude est déjà en cours, il a déjà communiqué qu’il allait mettre à disposition des Protections hygiéniques gratuites dans les écoles neuchâteloises. Ceci faisant réponse au postulat mentionné ci-dessus.


De plus, il pourrait utiliser la réponse au postulat pour faire part de ces considérations quant à la question de la précarité menstruelle évoquée dans la motion populaire.


C’est un volet de santé publique pour lequel nous estimons que le Conseil d’État doit mener des réflexions. Il est vrai que la motion se veut contraignante mais une telle position donne l’impression que cette thématique n’est suffisamment prise au sérieux de plus, nous ne comprenons pas le lien avec la santé bucco-dentaire.


Au vu de ce qui précède, le groupe socialiste soutiendra la motion populaire.