Le 14 juin : déjà un mois...

Déjà un mois...


Qui n’a pas vibré durant ce 14 juin ? Qui n’a pas eu ce moment, ces moments, durant lesquels l’émotion était présente, qui a même fait ressurgir une petite, voire même une grosse larme, tellement le moment était magique.

Personnellement, j’ai vécu cette journée avec beaucoup d’émotions. Des sourires, des coups de gueule mais surtout, tellement de solidarité ! L’ambiance était détendue et « bon enfant », mais ce n’est pas pour autant que les revendications ne sont pas claires. Les femmes en ont assez ! Nous en avons assez !


Cette fameuse journée du 14 juin commence pour moi par un réveil aux aurores. C’est nécessaire pour retrouver mes collègues des Femmes* socialistes suisses qui organisent une distribution de flyers en gare de Berne. Cette action est une première pour moi, à plusieurs titres : première fois que je bats le pavé dans la capitale, mais surtout première fois que je revendique en allemand et même en suisse-allemand.


J'aime cela !


L’ambiance est joyeuse, plusieurs actions ont lieu simultanément, tout à côté de nous. Il se passe quelque chose, cela se sent, Après quelques cartes distribuées, nous accueillons Simonetta Sommaruga, « notre » Conseillère fédérale. Sa présence démontre une fois de plus l’importance d’une telle journée.


Cette matinée est aussi marquée par le fait que je distribue des flyers dans les rues de Berne avec mon amie Nicole Chollet. Nicole, en plus d’être une amie militante, est ma collègue : toutes deux géologues, nous ne connaissons que trop bien les plafonds de verre et les inégalités salariales... Ensemble, nous militons non seulement parce que ce jour est fortement chargé de symboles, mais aussi parce que ça suffit ! Tout simplement.


Ensuite, départ pour la Place fédérale, déjà très peuplée. J’y retrouve Marinela Corti et Gina La Mantia, membres du comité directeur des Femmes* socialistes suisses. Nous, Femmes* socialistes, avons organisé une autre action : une boîte de doléances. Chaque femme peut y glisser une revendication adressée à nos Parlementaires fédérales. Mais voilà que 11h sonne : c’est l’heure de la première mobilisation à travers toute la Suisse. Nous le savons. Nous nous sentons comme en communion. C’est l’heure que choisit Marina Carobbio, Présidente du Conseil national, pour octroyer une pause à la Chambre basse. Les Parlementaires sortent du Palais, Elles viennent nous rejoindre, saluer, échanger. L'arrivée de Marina Carobbio, de la Conseillère fédérale Viola Amherd et d'autres Conseillères nationales créent l'émeute devant le Palais fédéral. Tout le monde crie, chante, siffle. J’ai la chair de poule. Plusieurs d’entre nous, manifestantes comme Parlementaires, écrasent une larme.



Après ce moment qui restera à tout jamais gravé dans mon coeur, je mets le cap sur Neuchâtel, dans mon canton, auprès des femmes avec qui nous travaillons depuis plus d'une année pour organiser cette journée. A ma descente du train, je vais coller un bec à mon petit garçon et à mon mari, tous deux installés à la crèche de la grève. Mon mari, homme solidaire, a pris congé : il était inacceptable pour nous qu'en cette journée, nous amenions notre fils à la crèche, comme si de rien n’était. Ma fille non plus n'est pas allée à sa structure parascolaire.