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Dis maman, pourquoi il y a autant de bougies devant le Palais fédéral ?

La dernière session parlementaire a été riche en émotions, mais aussi en décisions qui impacteront chacune et chacun. D’abord avec l’acceptation de la notion que « seul un oui est un oui » par le Conseil national. Car même si le Conseil des États devra encore revenir sur ce point – et que cela n’est pas encore acquis- le message de la Chambre du peuple est que l’autodétermination sexuelle doit être au centre des discussions sur les violences faites aux femmes. Un signal important qui répond aux revendications des mouvements féministes, dont les femmes socialistes suisses, qui s’engagent depuis de nombreux mois sur ce point capital.


Autre motif de réjouissance – de par mes origines jurassiennes, mais surtout mes convictions de femme socialiste – l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider. Une femme de conviction pour qui les valeurs de justice sociale ne sont pas un simple slogan, mais un réel engagement démontré à chaque étape de sa carrière politique et professionnelle.


Puis la même journée a vu l’élection d’Albert Rösti, lobbyiste des pétroliers, qui s’est ensuite vu attribuer le Département en charge des questions environnementales et énergétiques. La lueur d’espoir de voir le gouvernement prendre à bras-le-corps cette problématique s’estompe rapidement avec cette nomination.


A quoi s’ajoute la dernière semaine de session, durant laquelle la droite bourgeoise et conservatrice a démontré une fois de plus son égoïsme et son individualisme par rapport à la question de la pauvreté et du travail précaire en Suisse. En effet, la majorité du Conseil des État a soutenu une réforme du 2ème pilier qui ne profite qu’aux assurances et aux banques. Cette réforme ne profitera en rien aux bas revenus et n’a rien de féministe. Au contraire, elle fera que les cotisations prélevées sur les bas salaires ne profiteront même pas à ceux-ci. “Cotiser plus pour finalement avoir moins à la retraite”, voici une fois de plus l’adage de la majorité sévissant au Parlement. Le constat n’est malheureusement pas différent sur le traitement de l’initiative des syndicats « 13ème rente ». Là encore, la majorité du Conseil national ferme les yeux sur la précarité importante qui touche les personnes à la retraite. En refusant d’augmenter les rentes, la droite admet cyniquement que même en ayant travaillé toute sa vie, il ne soit pas garanti de joindre les deux bouts à la retraite. Ainsi, l’État doit, par le biais des prestations complémentaires, reprendre la main pour soutenir les nombreux retraités pauvres. Et c’est ainsi que l’AVS n’atteint pas son but figurant dans la Constitution qui est de couvrir les besoins vitaux, mais ça, visiblement, la droite s’en moque.


Et finalement, la dernière décision, la plus choquante durant cette session, fut l’acceptation par les deux Chambres, de la motion Ettlin. Une motion qui demande que les salaires minimaux voulus par certains cantons comme Genève et Neuchâtel ne prévallent plus sur les conventions collectives de travail (CCT) étendues. Cette décision est un affront envers la volonté populaire et les droits démocratiques de la population des cantons, qui a voté pour un salaire minimum. Une mesure qui relève de la politique sociale – et non de son pendant économique – de ces cantons, car le salaire minimum a été introduit pour couvrir les besoins vitaux. Avec cette décision, certain-e-s salarié-e-s pourront voir leur revenu diminuer mensuellement de plusieurs centaines de francs. Une réduction qui est d’autant plus inacceptable en pleine période d’inflation et, surtout, qui plongera des personnes dans la précarité. Ce qui aura pour conséquence que l’Etat devra leur octroyer des subsides et autres prestations sociales.


Alors que répondre à son fils de 7 ans qui, lors d’une visite sur la Place fédérale, remplie de bougies en soutien aux personnes précaires de notre pays, demande « Dis maman, pourquoi il y a autant de bougies devant le Palais fédéral ? » ? Ma réponse de politicienne est claire: les décisions récentes du Parlement fédéral ne tiennent tout simplement pas compte de la réalité de la pauvreté qui existe dans notre pays. Et que de telles actions de sensibilisation continueront à avoir lieu tant que les parlementaires de la majorité bourgeoise et conservatrice privilégieront l’individualisme et les possédants. Et au fond de moi, je sais que l’arrivée d’Albert Rösti n’est pas de bon augure pour les défis environnementaux et énergétiques, tout comme que ce sont les plus précaires qui feront les frais de l’inaction. Toutefois, ma réponse de maman s’est voulue un peu plus rassurante car j’espère que les choses puissent changer lors des élections 2023 pour donner un peu d’espoir pour les jeunes générations.


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