Plan de législature du Conseil d'Etat - Intervention GC

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Comme à chaque législature, la sortie du programme de législature du Conseil d’Etat est un acte fortement attendu par l’ensemble des députés. Une fois encore, c’est avec un vif intérêt que le groupe socialiste en a fait sa lecture.

De manière générale, le groupe socialiste se dit satisfait par la vision exprimée par le Conseil d’Etat, mais a toutefois des réactions nuancées en fonction des thèmes abordés.

Les défis décrits dans ce plan de législature sont en adéquation avec ceux qui animent notre groupe. Dans ce sens, nous ne pouvons que saluer la volonté du Conseil d’Etat de mettre tout en œuvre pour affirmer la cohésion cantonale. Elément cher à notre groupe.

S’appuyant sur l’état des lieux qu’il fait de la situation de notre canton, le Conseil d’Etat propose un découpage des tâches en 4 catégories que sont « les opportunités, les faiblesses, les menaces et les forces ». Mais c’est surtout dans son approche positive de la situation, tranchant avec les constats déprimés du passé, que le Conseil d’Etat nous invite à donner un nouvel élan à notre canton.

Restaurer la confiance et promouvoir une image positive. Oui le Conseil d’Etat joue et doit jouer un rôle primordial dans l’atteinte de cet objectif. Mais cette responsabilité doit également être portée par l’ensemble de notre parlement. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons y arriver. Si la crédibilité des autorités, par le biais de notre travail est renforcée, il sera plus aisé de dynamiser notre canton avec les différents acteurs qui le composent.

Considérer notre canton comme un territoire unique, nous démontre que le Conseil d’Etat s’appuie sur une idée précise de la politique d’aménagement du territoire qu’il veut mener, mais à ce stade, il nous manque une description des outils nécessaires. Il est clair que le Conseil d’Etat mentionne à plusieurs reprises la nécessité d’investir dans un réseau de mobilité et de transports publics efficaces pour subvenir aux besoins de habitants du canton, mais de manière concrète, nous avons peu d’éléments concernant ce futur réseau. Le fait qu’actuellement, et connaissant les échéances, il n’y ait pas plus de détails à ce sujet ne dissipe pas nos craintes et nos doutes quant à la réalisation d’un réseau de mobilité efficace dans un futur proche. C’est pourquoi nous resterons attentifs afin que ce projet ne soit jamais mis de côté.

Les mesures classées comme étant des impondérables, sont principalement une réponse à l’évolution de notre société. Il est clair que, les domaines concernés évoqués ne peuvent pas faire l’économie de l’engagement de moyens, mais notre groupe est convaincu qu’il existe des solutions afin de limiter les coûts à la charge de l’Etat sans que les prestations soient péjorées. Par exemple, l’augmentation des familles d’accueil permettrait de soulager certaines institutions du canton tout en garantissant un encadrement adéquat pour les enfants se trouvant des situations difficiles.

Les ambitions politiques évoquées démontrent un enthousiasme certain de la part du Conseil d’Etat. Nous nous réjouissons, dès lors, que la culture en fasse partie car nous estimons que par la qualité et la diversité de ses acteurs culturels, notre canton a une réelle carte à jouer dans ce domaine.

Mais ce n’est pas tout. Les ambitions favorisant l’égalité des chances, telle que l’amélioration des structures pré et parascolaires, l’accès à la formation par une amélioration des offres de formations reçoivent également le soutien du groupe socialiste. Ceci bien que certaines modalités devront encore être détaillées : pour les formations duales par exemple. Il est évident qu’il faut encourager un tel système de formation, mais ceci doit se faire en tenant compte de la réalité du terrain, notamment de la demande dans certains secteurs.

Le volet de la politique énergétique nous laisse, pour sa part, un peu sur notre faim. En effet, évoquer la réalisation d’une conception directrice de l’énergie comme étant une ambition politique alors que c’est une obligation fixée dans la loi sur l’énergie nous surprend beaucoup. A l’heure des débats sur le réchauffement climatique, sur la nécessité d’effectuer des économies d’énergie et sur les investissements indispensables pour le développement des énergies renouvelables, nous aurions pu espérer que par le biais de son plan de législature, le Conseil d’Etat nous indique les lignes directrices qu’il entend faire valoir pour l’élaboration de la conception directrice de l’énergie. De plus, cela aurait été également l’occasion de faire le lien avec les ambitions politiques ayant trait à l’innovation. Neuchâtel est doté depuis peu de Microcity, certes, mais notre canton dispose également de compétences dans le domaine de la Géothermie et un pôle reconnu en la matière au travers de sa chaire spécialisée à la faculté des Sciences de l’Université. Les hautes écoles ont également un rôle à jouer dans ce domaine. De plus, des synergies entre domaines de compétences sont possibles et sont à encourager.

Concernant les réformes institutionnelles, le groupe socialiste n’a pas encore arrêté de position tranchée. Il se réjouit que le débat ait été lancé sur ce sujet. Une large réflexion doit être menée à ce propos afin de garantir l’objectif fixé de la cohésion cantonale. De telles réformes ne peuvent être bénéfiques que par l’adhésion de toutes et tous.

Autre domaine, les finances. Les options pour améliorer les finances sont certes limités. Concernant toutefois la limitation de l’augmentation annuelle de la masse salariale à 0.5%, bien que nous comprenions la volonté du Conseil d’Etat de vouloir contrôler la progression des charges, le groupe socialiste aimerait souligner que les moyens décrits pour atteindre un tel but restent très vagues. Les moyens et les outils ne sont, à notre sens, pas suffisamment détaillés pour nous déterminer. Il est assuré que, quand le Conseil d’Etat aura réellement entamé cette réforme, notre groupe aura des discussions animées à ce propos.

Par ailleurs, les mesures aboutissant à des économies ayant immanquablement des répercussions sur les communes, au travers de la réduction du réseau routier cantonal ou de la compensation des prestations cantonales aux agriculteurs relevant de la politique fédérale par exemple, notre groupe n’y est pour le moment pas opposé. Un dialogue avec les communes doit être repris, consolidé ou pérennisé, pour permettre l’avancée de ces différents projets.

De manière générale, les 95 millions d’économie prévus dans le plan de législature nous paraissent ambitieux sans être déraisonnables. Toutefois, pour parvenir à un tel objectif, il sera nécessaire d’associer les différents acteurs qui animent et font vivre ce canton. Cette association ne doit pas se limiter aux aspects financiers, mais intégrer également le partage des connaissances diverses.

Pour conclure, le groupe socialiste tient à manifester sa satisfaction et apporter son soutien au programme de législature qui lui est soumis aujourd’hui. En l’état, il souligne néanmoins la persistances de quelques notions encore trop vagues. Néanmoins, et c’est plus important, par le biais de ce rapport, le Conseil d’Etat consolide un peu plus une certaine crédibilité retrouvé du gouvernement. Une crédibilité qui s’appuie notamment sur une volonté de mener à bien des projets d’envergure tout en s’imprégnant des diversités qui composent notre canton. Bien qu’un tel rapport reste le projet du Conseil d’Etat, la procédure veut qu’il y ait un vote par le Grand Conseil. Le groupe socialiste le votera à l’unanimité ce rapport.

Je vous remercie

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