#jenemetairaiplus

Mis à jour : juil. 3

#jenemetairaiplus. La parité, j’en ai déjà abondamment parlé, mais à voir la récente actualité du Grand Conseil neuchâtelois, le sujet est plus que jamais brûlant et urgent à promouvoir.


Neuchâtel, canton connu pour son esprit pionnier dans l’exercice des droits démocratiques. C’était vrai, mais c’était hier : c’est bien ici que le droit de vote pour les étrangers à l’échelon cantonal et communal, ainsi que le droit d’éligibilité ont vu le jour pour la première fois en Suisse. Ici aussi qu’ont éclos quelques pionnières qui ont marqué l’Histoire : Hélène Dubied-Chollet, première femme à siéger dans un législatif communal en Suisse. Raymonde Schweizer, première femme à siéger dans un Parlement cantonal. Nous étions dans les années 60 et cela augurait d’une grande ouverture pour la suite. Las ! Cette semaine, comme l’an dernier, Neuchâtel a donné une toute autre image : son conservatisme et un esprit pour le moins étriqué en refusant une réelle parité sur les listes électorales.


Chacun, devant ce fiasco, cherche son coupable idéal. La gauche ? La droite ? Les alliances contre-nature ? Et si la question était ailleurs ? Dans ces débats empreints d’un insupportable climat paternaliste ou dans les explications pompeuses que les hommes ont infligé aux femmes tout au long de la discussion. Du «Mansplaining« pur jus. On a entendu qu’il était difficile de trouver des femmes, avec les complaintes habituelles « on essaie, mais elles ne veulent pas » et tout le tralala archi-connu. Tout cela pour éviter un argument pourtant tout à fait sensé: si on ne trouve pas assez de femmes, il reste toujours la possibilité de mettre moins d’hommes. C’est bien là que les quotas ont du sens.


Mais évidemment, avec autant d’arguments sentant la vieille testostérone, on comprend pourquoi les femmes ne se précipitent pas à l’assaut des instances politiques...


Alors, la parité, combat hommes-femmes ? Même pas ! Le discours des femmes de droite a été à peu près aussi innovant qu’un discours de concours de beauté: « Quand on veut, on peut !» ont-elles affirmé, en invoquant même la « motivation ». Il faudrait, selon elles que les « femmes soient motivées » ... Tiens... s’est-on déjà demandé une seule fois si un homme politique l’était, motivé ? Pourquoi seules les femmes devraient-elles donner des gages à ce sujet ? Grâce à ce débat, j’ai aussi appris que mettre des femmes sur les listes, cela impliquait de se priver d’hommes compétents. Cela m’a laissée sans voix.


Je refuse cette vision élitiste et rétrograde (et totalement à côté de la plaque) de l’engagement des femmes en politique. Je refuse cette vision non solidaire. Ces partis pris ne peuvent aboutir à des progrès dans le domaine de l’égalité car l’Histoire le montre très bien : la solidarité entre les femmes est indispensable pour prétendre aux évolutions égalitaires souhaitées.


Oui, car à Neuchâtel, nous ne pouvons parler des visions de la gauche, eu égard aux attaques sidérantes du POP sur les réseaux sociaux notamment, mais pas seulement. Un parti qui se dit féministe mais qui ne met qu’en avant que des figures masculines, et ce, au moins depuis que je suis engagée en politique Ce n’est pas nouveau de voir le POP s’attaquer au PS quant il s’agit de questions féministes, mais j’avoue que leur dernier argumentaire me laisse un arrière goût mi-amer, mi-naphtaline. Un président de parti qui s’associe à d’autres hommes politiques qui bien souvent lynchent les femmes durant les séances de commissions, à l’abri des médias et sans aucun scrupule. Leur méthode : l’humiliation et l’intimidation, dont chaque politicienne opposée à leurs idées pourrait témoigner.


Loin de moi toutefois l’envie de faire passer mon parti comme exemplaire dans toutes les situations. Certains barbus grisonnants (et même quelques‘uns plus jeunes) n'apprécient guère de perdre du pouvoir : j’espère que leur ombre va gentiment s’estomper. Surtout quand certains camarades s’autoproclament féministes tout en se solidarisant de l’action du POP. Mais, la décision du groupe socialiste de ne pas soutenir le projet de loi est une décision unanime et solidaire.


On se congratule, on se tape dans le dos, on se félicite d’avoir mieux compris. Pourtant, pas besoin d’être philosophe, mathématicienne, historienne ou encore prof de français pour savoir que la moitié de 100, c’est bien 50 !

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