Haine et discriminations doivent être punies !

Après un long travail parlementaire aux Chambres fédérales, le critère de l'orientation sexuelle a été introduit en décembre 2018 dans la norme pénale antiraciste du Code pénal Suisse et du Code pénal militaire. Ainsi, tout appel public à la haine et aux violences à l'encontre des personnes gay, lesbiennes et bisexuelles peut être considéré comme une infraction pénale. Le périple fut long pour en arriver là : ce projet, issu des rangs socialistes aux Chambres fédérales, découle d'une proposition déposée par Mathias Reynard en 2013 déjà.


De quoi sabrer le champagne ? Pas encore... Bien que la disposition était attendue depuis de nombreuses années par les associations de défense des personnes homosexuelles ou bisexuelles et que la situation de la Suisse, largement à la traîne, était pointée du doigt au niveau international, où rien de moins que le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, le Comité des Droits de l'enfant des Nations unies ou encore la Commission européenne ont rappelé ses devoirs à notre pays, l’introduction de cette norme anti-homophobie est combattue.


En effet, un « certain mouvement conservateur » composé de l'union démocratique fédérale et les jeunes UDC a décidé de s’y opposer. Ainsi, sous couvert de la défense de la liberté d'expression, un référendum a été lancé et, avec des méthodes peu orthodoxes, il a abouti. C'est pourquoi nous devrons voter le 9 février pour accepter ou non l'introduction d'une norme anti-homophobie au même titre que le racisme.

Pour nous socialistes, les arguments sont clairs et l’issue logique : haine et discriminations à l’encontre des personnes LGBTIQ+[1] doivent être punies !


Aujourd’hui, en Suisse, un·e jeune homosexuel·le sur cinq fait une tentative de suicide alors que chez les jeunes hétérosexuel·le·s le taux est cinq fois moindre, il est donc nécessaire d’agir pour mettre un terme aux discriminations dont sont victimes les homosexuel·le·s. En ce sens, les personnes LGBTIQ+ méritent la même protection qu'une personne subissant des actes racistes. Il s'agit, tout simplement, de dignité humaine. Doit-on rappeler ici que l'orientation sexuelle n'est pas un choix ?


En acceptant le projet de loi proposé, la Suisse s'alignerait sur d'autres pays européens tels que la France, la Grande-Bretagne, le Danemark, l'Autriche et les Pays-Bas. Cette nouvelle disposition est un pas nécessaire pour davantage d'égalité, mais ne nous leurrons pas, la lutte contre les discriminations ne sera pas terminée avec l’acceptation de cette loi. Ne couvrant pas les personnes transgenres, elle ne concerne malheureusement qu'une partie des personnes LGBTIQ+. La lutte sera donc encore longue, c'est pourquoi nous devons donner un signal fort le 9 février prochain en mobilisant largement pour une acceptation de la norme contre l'homophobie, qui permettra de renforcer la lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes de la communauté LGBTIQ+.


[1] LGBTIQ+ désigne les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans*, intersexes, queers et les autres ne correspondant pas à la sexualité majoritaire

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