Interpellation Un État à la hauteur pour les mineur-e-s en difficulté ? - Intervention GC

Mis à jour : 27 juin 2019


Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,


Il existe des familles qui vivent des situations difficiles. Des situations qui influencent la vie des enfants issus de ces familles. Dans certains cas, ces situations nécessitent des interventions et un soutien de la part de l’État de manière temporaire, et parfois, malheureusement durant de longues périodes. Ces situations difficiles impactent la vie de manière plus ou moins prononcée de ces enfants.

Un point est certain : chaque enfant a son histoire ; pour chaque enfant une solution adaptée doit être trouvée.


Jusqu’à récemment le canton de Neuchâtel avait privilégié l’accueil des enfants en foyer.

Lors de la législature précédente, dans son plan de législature, le Conseil d’État annonçait sous les impondérables vouloir « une augmentation de l’offre de places en famille d’accueil, qui pourront au mieux ralentir le rythme de croissance des charges. Les places en famille d’accueil compléteront le dispositif actuel et constitueront progressivement une véritable alternative au placement institutionnel ».

Entre ce qui était annoncé au départ et la situation actuelle, nous avons l’impression que les « mesures complémentaires » se sont muées en « mesures principales » et cette manière de faire nous nous laisse perplexes.

L’année passée, le Conseil d’État présentait les premières orientations de sa nouvelle politique en matière de soutien et de protection de l’enfance et de la jeunesse. Il annonçait un changement de paradigme en voulant limiter le recours au placement en institution. Ce changement de paradigme, qui avait déjà suscité une interpellation de la part de notre groupe, est basé quatre axes, axes qui soulèvent toute une série de questions.


Prenons l’axe qui renforce les mesures ambulatoires, (soit les mesures qui renforcent les interventions dans le cadre familial et le placement dans des crèches et des structures parascolaires). Nos questions sont multiples :

Comment se fera la coordination, la transmission des informations entre les différents acteurs que sont le canton, les villes et les entités d’accueil ? Qui sera responsable ? Quel dispositif est prévu en cas de non-prise en charge de l’enfant en fin de journée par ses parents ? Où va-t-il passer la nuit par exemple ? Des nouveaux postes sont-ils prévus pour ces structures ? Quelles sont les conséquences sur l’organisation des structures ? Par qui ces changements seront financés ?


Concernant les institutions d’éducation spécialisée, combien de places seront supprimées ? Combien de postes à travers le canton seront supprimés ? Est-ce une première étape ou doit-on s’attendre à d’autres suppressions de places ?

Comme cela a été mentionné dans la question de M. Aubert, qu’est-il prévu en cas de manque de famille d’accueil d’hébergement ? Où en est-on dans la recherche ? Comment sont choisies les familles qui « postulent » à devenir familles d’accueil ? Quel sera l’accompagnement de ces familles ? Vers qui elles pourront se tourner en cas de difficulté ?

A notre sens, il est important que durant un tel processus, l’ensemble des acteurs soient associés et surtout informés.


Nous aimerions aussi attirer l’attention sur les conditions de travail des professionnels mis à dure épreuve, depuis plusieurs mois, vu les circonstances. Ce qui provoque, en cascade, des tensions dans la prise en charge des jeunes.


Le groupe socialiste n’est pas opposé à des changements dans le domaine de l’accueil des enfants. Oui, l’accueil dans les familles d’hébergement peut constituer une mesure qui fonctionne pour le bien de l’enfant.

A condition que ce soit une mesure bien préparée, que les familles soient encadrées et accompagnées.

Par contre, si cette nouvelle politique est uniquement guidée par des impératifs financiers, nous pensons que c’est non seulement dramatique pour les enfants fragiles, mais aussi une politique à courte vue, puisque les charges d’aujourd’hui seront celles de demain !

Au final, au vu des questions ouvertes, le groupe socialiste se pose la question de savoir s’il ne serait pas judicieux d’établir un rapport à propos de changement de dispositif.


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